17 octobre 1722 : Faillite du système de John Law.

La première introduction en France du papier-monnaie gagée sur l’exploitation de la Louisiane est un échec.

L’agiotage à la rue Quincampoix (banqueroute causée par Law).

John Law, écossais de naissance, présente un projet servant à résorber la dette du royaume de France (environ 165 millions de livres de charge annuelle) par un coup d’audace. Il persuade Philippe d’Orléans, alors régent, qu’en substituant à l’or une monnaie de papier, il est possible de relancer l’investissement des particuliers et surtout d’éteindre la dette de l’État. Il crée une Banque générale qui connaît un vif succès grâce à l’appui du régent. Souhaitant étendre son empire, Law rachète une compagnie chargée de la mise en valeur de la Louisiane et obtient à la fois le privilège de percevoir les impôts indirects mais aussi une garantie de l’État (nationalisation de fait).

Toutefois, John Law n’oublie pas la finalité première de son entreprise : résorber la dette publique de la France. Les actions émises en grande quantité poussent à la spéculation ; les actions achetées sont immédiatement revendues.
Pour tenter de contenir l’emballement, Law fixe le prix des actions de la Compagnie à 9’000 livres et impose leur échange à taux fixe contre des billets de banque. Ce faisant, il instaure très officiellement la monnaie-papier, garantie par l’État et sans contrepartie métallique (or ou argent).

La réplique ne se fait pas attendre puisque, pour marquer les esprits, le duc de Bourbon se présente à la banque avec des charrettes pour exiger la conversion en or de ses billets de papier. La panique prend alors les actionnaires : le cours des billets s’effondre et Law s’enfuit.

Cet échec est toutefois à relativiser, John Law aura permis à l’économie française de redémarrer et aux finances du royaume de se rétablir après la fin de règne catastrophique de Louis XIV.